Qui est Emmanuel Grégoire, le nouveau locataire de la mairie de Paris en 2026 et ancien premier adjoint d'Anne Hidalgo ?

Né en 1977, député socialiste de la 7e circonscription de Paris depuis 2024, Emmanuel Grégoire s’est surtout installé dans le paysage parisien comme l’un des hommes-clés de la majorité sortante. Sa campagne le présente comme l’ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo, successivement chargé des ressources humaines, des services publics, du budget, de la transformation des politiques publiques, puis de l’urbanisme et du Grand Paris. C’est aussi sous cette casquette qu’il a porté le PLU bioclimatique, devenu l’un des marqueurs majeurs de la stratégie urbaine parisienne.

Son élection a été sans appel. Le Conseil de Paris l’a choisi avec 103 voix, après une séquence municipale où sa liste a recueilli 50,52 % des suffrages au second tour. Ce résultat lui donne une vraie légitimité politique, mais aussi une obligation : démontrer qu’il peut passer du rôle d’architecte de la ligne Hidalgo à celui de maire de Paris capable de produire des résultats avec sa propre méthode.

Quelles sont les grandes missions immobilier et logement du maire de Paris et député de la 7 ème circonscription ? Une vision en grand !

Dès son discours d’installation, Emmanuel Grégoire a placé le logement au premier rang. Il a expliqué qu’il fallait aller "vite et fort", considérant que la première préoccupation des Parisiens reste la difficulté à trouver un logement, mais aussi à payer leur loyer. Dans la même séquence, il a confirmé deux promesses centrales : 30 000 logements pour les ménages modestes, 30 000 logements pour les classes moyennes et une future brigade du logement chargée de faire respecter les droits des locataires.

Cette priorité n’a rien d’abstrait. L’Apur rappelle qu’à Paris, près d’un logement sur cinq est inoccupé, soit 262 000 logements inoccupés selon les dernières données de recensement exploitées par l’atelier d’urbanisme. Dans cet ensemble se trouvent à la fois des logements vacants, des résidences secondaires ou des logements occasionnels. Entre 2011 et 2020, leur part est passée de 14 % à 19 % pesant lourdement sur l’offre disponible, sur les loyers et sur la capacité des classes moyennes à rester dans la Ville de Paris.

C’est dans ce contexte que le nouveau maire promet 60 000 logements sociaux et abordables supplémentaires sur le mandat, répartis entre 30 000 logements sociaux et 30 000 logements dits abordables. Son programme insiste sur plusieurs leviers et notamment : rééquilibrer la production entre l’est et l’ouest de Paris, transformer massivement des bureaux inutilisés, développer les outils comme le bail réel solidaire et la foncière du logement abordable, sans oublier de cibler davantage les étudiants, les jeunes actifs et les familles. Le même document avance que ces logements abordables pourraient être proposés à un coût moyen inférieur de 25 % à celui actuellement observé sur le marché.

Le cap est ambitieux, très ambitieux même. Le journal Le Monde souligne ainsi que pour tenir cette promesse, la Ville devrait presque doubler son rythme annuel de production de logements publics. Dit autrement, Emmanuel Grégoire ne propose pas une simple correction de trajectoire : il annonce un réel changement d’échelle. Son programme est ainsi très lisible mais il doit absolument faire ses preuves sur les chiffres avancés.

Produire plus n'est pas suffisant : Emmanuel Grégoire veut remettre sur le marché les logements un maximum de logements

L’autre pilier de sa stratégie est très offensif. Son programme ne se contente pas de promettre de l'immobilier neuf à Paris ou davantage de logement public. Il veut également récupérer des logements déjà existants mais soustraits à l’habitation principale. Il vise pour cela la vacance de longue durée, les résidences secondaires, ainsi que les meublés touristiques permanents de type Airbnb. Son équipe avance qu’en renforçant les contrôles sur les "maxi-propriétaires", sur les fausses résidences principales et sur les logements vacants, jusqu’à la réquisition temporaire dans certains cas, la Ville de Paris pourrait remettre jusqu’à 100 000 logements sur le marché. Ce chiffre relève d’un objectif politique, mais il s’appuie sur un diagnostic urbain réel : l’ampleur de l’inoccupation dans la capitale.

Du côté des locations meublées touristiques, les évolutions avaient déjà commencé avant son élection. L’Apur rappelle qu’à Paris, la loi du 19 novembre 2024 a permis d’abaisser à 90 jours par an la durée maximale de location d’une résidence principale sur les plateformes de type Airbnb. La même note précise aussi que le PLU bioclimatique adopté fin 2024 a interdit les créations de meublés de tourisme dans un large secteur couvrant les onze premiers arrondissements de Paris et une partie du 18ème. L'Apur estime enfin qu’environ 20 000 appartements parisiens étaient détournés de la location longue durée par les plateformes de location meublée touristique. Autrement dit, Emmanuel Grégoire s’inscrit ici dans une ligne déjà engagée, qu’il veut désormais durcir et systématiser.
 

L’encadrement des loyers à Paris passé au crible par le nouveau maire

Le nouveau maire ne veut pas seulement construire et contrôler les usages : il veut aussi renforcer la régulation du marché locatif privé. Son programme affirme qu’environ un tiers des annonces dépassent encore les plafonds réglementaires. L’Apur montre de son côté que sur la période juillet 2019-juin 2024, le taux de dépassement du loyer de référence majoré dans les observations étudiées se situait entre 34,36 % et 51 %, selon les périodes.

Dans le même temps, son étude conclut que l’encadrement des loyers à Paris a eu un effet réel sur les loyers : il aurait par exemple réduit en moyenne le niveau des loyers de 66 euros par mois pour les studios et de 98 euros par mois pour les trois pièces (T3) analysés. Emmanuel Grégoire entend ainsi s'assurer que l’encadrement existe ET qu'il est effectivement appliqué partout.
 

Zoom sur la Brigade du Logement présentée par Emmanuel Grégoire à Paris

La mesure est sans doute la plus frappante politiquement, parce qu’elle résume à elle seule son orientation. Dans son programme, cette "brigade de protection du logement", souvent résumée dans le débat public à la "Brigade du Logement", aurait vocation à intervenir sur la régulation du marché privé. Ses missions annoncées sont larges : lutter contre les meublés touristiques illégaux, faire respecter l’encadrement des loyers, agir contre les logements vacants et les résidences secondaires, accompagner les locataires victimes de fraude au DPE, combattre les détournements locatifs, les ventes à la découpe et les marchands de sommeil... 

Mais attention, ce point souvent repris dans l'actualité immobilière mérite une nuance importante : à ce stade, la brigade est bien une promesse de mandat, mais pas encore un dispositif déployé. Une certitude à ce jour, elle est pensée comme un outil opérationnel chargé de faire descendre sur le terrain et dans les annonces la politique du logement voulue par l’exécutif parisien.
 

Une politique du logement qui dépasse Paris intramuros

Emmanuel Grégoire ne limite pas son raisonnement à la seule échelle administrative de la capitale. Dans son discours, il a insisté sur le fait que "la métropole du Grand Paris est notre horizon" et que le bon niveau de décision, sur le logement comme sur les transports en commun ou sur l’attractivité, est souvent métropolitain.

Cette phrase est loin d’être secondaire. Elle signifie que son approche du logement n’est pas seulement patrimoniale ou réglementaire mais également territoriale. Emmanuel Grégoire veut ainsi produire à Paris, mais aussi replacer la capitale dans une logique de bassin de vie, de mobilité et d’équilibre résidentiel plus large.
 

Ce que ces grands chantiers disent déjà du mandat du nouveau maire de Paris qui commence

Emmanuel Grégoire ne propose pas une politique du logement fondée sur un seul levier. Il combine au contraire trois registres : produire davantage de logements sociaux et abordables, reprendre la main sur les logements retirés de l’habitation principale et mettre fin aux abus observés sur le marché privé. Pour les propriétaires investisseurs, cela annonce un environnement plus surveillé sur les loyers, les usages, le DPE et les meublés touristiques. Pour les classes moyennes et les actifs qui veulent rester à Paris, le message est inverse : la Ville veut redevenir un acteur direct de l’accessibilité résidentielle.

En conclusion, avec Emmanuel Grégoire, le logement n’est pas un simple chapitre du programme municipal de la capitale, mais le cœur politique du mandat qui s'est ouvert il y a quelques jours.

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